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  • murielmartinellaauteur

« Encabanée » de Gabrielle Filteau-Chiba

J’ai lu "Encabanée" et cela m’a plu.

Il n’y a rien à faire, je suis toujours attirée par les récits de survie en milieu inhospitalier. Ce livre m’a rappelé deux autres romans adorés « Le mur Invisible » de Marlen Hausofer et « Un jour glacé en enfer » de Anne B. Ragde.

« Encabanée » de Gabrielle Filteau-Chiba paru aux éditions « Le mot et le reste »se passe bien entendu au Canada. On est loin cependant de la chanson de Line Renaud. Cette cabane-là, bien que blottie au fond des bois, vulnérable cahute, dont le bois à claire voie laisse entrer un froid glacial, n’a rien d’un petit nid douillet malgré le poêle ronflotant tout azimut.

Anouk, pour apprendre à se détacher de son ancienne vie et de la société de consommation, a quitté son appartement confortable de Montréal pour un refuge forestier délabré au Kamouraska, là où naissent les bélugas (appelés également baleines ou dauphins blancs).

Un retour à l’essentiel. Elle ne va être déçue, l’apprentie bûcheronne.

Là, on sent le vécu, puisqu’avant d’écrire ce livre, l’auteur a elle-même quitté le confort d’une vie citadine dans sa ville natale de Montréal pour vivre durant trois ans dans les conditions les plus rudimentaires d’une cabane sans eau et sans électricité, (et sans réseau cellulaire) perdue en pleine forêt et sans personne avec qui parler.

Malgré tout, un moral d’acier. Le verre d’eau sur la table lui paraît encore à moitié plein…même s’il est plein de glace.

Dans son ermitage, prisonnière de l’hiver, elle lit, écrit, dessine, passe des nuits d’insomnie à surveiller le poêle et puis tremble, tremble, tremble.

En extérieur, elle marche, s’amuse des flocons de neige, pisse à l’orée du bois pour éloigner les ours noirs et, d’une hache malhabile, cogne, cogne, cogne.


J’ai eu froid avec elle, à ne plus sentir mes bouts de pieds, j’ai eu peur avec elle, poursuivie par des créatures, coyotes ricanants, jusque dans son antre privé. Cette nature sauvage parfaitement révélée, m’a emportée dans un tourbillon de neige glacée.


Et puis, j’ai aimé l’humour, l’auto-dérision dont fait preuve la narratrice pour conter cette aventure courageuse. Extrait :

Mes trois souhaits au génie de la lampe :

-Des bûches qui brûlent jusqu’à l’aube

-Une robe de nuit en peau d’ours polaire

-Robin des bois qui cogne à ma porte.


Ah, Robin des bois, son manque d'homme va-t-il être assouvi ?…


Et puis, il y a la langue. Saviez-vous que le québécois pouvait s’écrire, pouvait se lire ? C’est très drôle, je vous assure. S


es expressions sont de véritables perles. On entend véritablement la voix de l’auteur avec sa couleur et son franc-parler.

Un tout petit livre d’une centaine de pages, un petit bonbon givré dont le cœur coulant vous réconforte, que j’ai eu vraiment peine à quitter.

Mais, chic, il serait le premier volet d’un triptyque… A suivre, donc.



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