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LES JOLIS GARÇONS DE DELPHINE DE VIGAN

Après « Rien ne s’oppose à la nuit », « D’après une histoire vraie », « Les loyautés » et « Les heures souterraines », voici avec « les jolis garçons » le cinquième roman que je lis de cet auteur, le rangeant définitivement parmi mes favoris.

Tout y est pour me faire passer un excellent moment de lecture. Ce petit grain de folie qui m’a tant manquée dans ma lecture précédente « le bal des folles » de Victoria Mas. Le sujet traité, la psychanalyse d’une relation amoureuse, ses illusions et désillusions et la fragile frontière entre la raison et la démence…

Emma est une amoureuse qui livre dans ce court roman trois de ses rencontres. Trois hommes différents qu’elle a aimé à sa manière.

Les 31 premières pages constituent un véritable tour de force. L’auteur nous mène en bateau et nous fait accoster là où il l’a décidé, pour mieux nous cueillir quelques pages plus loin.

Lorsque je suis arrivée au terme de cette première partie, j’ai tout relu depuis le début pour déceler les indices qui auraient pu me mettre sur la voie de cette originale intrigue comme je l’avais fait avec le livre « Esprit d’hiver » de Laura Kasischke. Et il n’en manquait pas ! Ils étaient là, sous nos yeux, habilement disséminés tels les cailloux du petit Poucet par la magicienne romancière.

J’adore être malmenée par Delphine de Vigan comme dans « D’après une histoire vraie ».

Et l’écriture ! Une plume légère et douloureuse, malicieuse et fébrile à l’image du personnage central. Une plume qui sait conter les histoires et qui n’a pas son pareil pour trouver le mot juste, avec une abondance de rythmes ternaires pour un effet stylistique des plus réussis.

Je vais encore faire office de vilain petit canard. Ce roman, d’après les avis, n’a pas fait l’unanimité alors que c’est justement ce qu’on lui reproche qui en a fait mon délice. Cette introspection aux allures d’analyse, ses "vous aimeriez savoir (...), j'aimerais que vous puissiez comprendre (...), pourquoi riez-vous ? (...)", adressés à un interlocuteur invisible, exaspérants pour certains, m’ont enchantée.

Et puis, il y a le ton. Le ton du livre. Un univers décalé où cynisme et ingénuité se renvoient la balle.

Je vous tire mon chapeau, Madame de Vigan !




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