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  • murielmartinellaauteur

Né d'aucune femme de Franck Bouysse


Depuis longtemps cette belle couverture sépia d’une femme à la poitrine dénudée allaitant son enfant, captivait mon regard. Les retours de lecture étaient partagés. Il y avait ceux qui encensaient « Né d’aucune femme » et ceux qui ne pouvaient le terminer en raison de sa noirceur.

Mon sentiment, à la fermeture de ce livre, est tout aussi partagé.

Attention, je vais être sévère.

Je suis allée au bout, mais sans véritable plaisir. La lecture pesante et sombre ne me mettait pas en joie. Oui, je le reconnais, ce n’est pas toujours le but de la littérature, encore faut-il qu’il y ait un minimum de beauté.

Or, je n’y ai trouvé de beauté ni dans l’histoire ni dans le style. Un style que j’ai trouvé inégal. Je n’avais encore jamais lu de livres de Franck Bouysse, et je n’ai pas adhéré à ces vagues de lyrisme nous prenant par surprise et venant contrer un style très simple deux lignes plus loin.

Déjà, l’absence de toute ponctuation et de retour à la ligne dans les dialogues n’est pas pour nous transcender, notre mental vient casser le charme de la lecture pour revenir en arrière en se demandant qui parle. Et puis, ce parlé populaire « ils ont pas décroché un mot » ou « moi c’est Rose, c’est comme ça que je m’appelle » ou encore « Je peux pas, j’ai répété » a fini par me lasser à la longue bien qu’il faille ce langage-là pour traduire le degré d’instruction des protagonistes. J’ai apprécié cependant l’emploi du passé-composé pour le récit de Rose, il aurait été de mauvais ton d’employer le passé-simple ou le subjonctif présent comme dans les autres chapitres où ils avaient toute leur place.

Ecriture inégale donc, surtout vers les quarantièmes dernières pages. Mais qu’est-ce qui a pris à l’auteur ? il s’est littéralement envolé, on ne le tient plus agrippé à des ballons de baudruche qui l’emmène au plus haut des cieux. Les descriptions de paysages prennent tout à coup des demi-pages comme si l’auteur voulait repousser la fin inéluctable de son roman.

A la fin, je n’en pouvais plus. Mais qu’on en finisse ! Je la veux, cette fin !

Et ces invraisemblances dans le récit… On dirait que les personnages font tout pour se retrouver en de sales draps ! Ils cherchent vraiment, je vous assure, alors qu’ils ont mille fois l’occasion de se sortir du sale pétrin dans lequel ils se sont fourrés. On a qu’une envie, leur donner un coup de main, tiens ! Mais non, jusqu’à la fin, ce petit monde va subir son sort sans broncher pendant qu’on ronge son frein.

Allez, une petite note positive : il m’a quand même maintenue entre ses pages, ce livre, pour quelles raisons ? je ne sais pas. Je cherche encore… Ah si, c’est noté là en-dessous :


Résumé :

"- Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile. — Et alors, qu'y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je. — Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés. — De quoi parlez-vous ? — Les cahiers… Ceux de Rose." Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec 'Né d’aucune femme' la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.












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