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Lettre ouverte à une critiqueuse

La chambre des époux , d’Eric Reinhardt. Ed Gallimard (17/08/2017)

 

Résumé : 

 

Nicolas, une quarantaine d'années, est compositeur de musique. Un jour, sa femme Mathilde apprend qu'elle est atteinte d'un grave cancer du sein qui nécessite une intense chimiothérapie. Alors que Nicolas s'apprête à laisser son travail en plan pour s'occuper d'elle, Mathilde l'exhorte à terminer la symphonie qu'il a commencée. Elle lui dit qu'elle a besoin d'inscrire ses forces dans un combat conjoint. 
Nicolas, transfiguré par cet enjeu vital, joue chaque soir à Mathilde, au piano, dans leur chambre à coucher, la chambre des époux, la symphonie qu'il écrit pour l'aider à guérir. S'inspirant de ce qu'il a lui-même vécu avec son épouse pendant qu'il écrivait son roman Cendrillon voilà dix ans, Eric Reinhardt livre ici une saisissante méditation sur la puissance de la beauté, de l'art et de l'amour, qui peuvent littéralement sauver des vies.

 

Ce soir ma chronique prendra un tour différent. J’ai choisi de répondre à une critiqueuse à propos d’un roman que je viens de finir de lire et que j’ai envie de défendre becs et ongles…

 

Ce roman sur Babelio est fort décrié et je peux le concevoir. Rien n’est plus personnel que la lecture, on est, ou pas, touché sans savoir exactement ce qui nous fait vibrer à travers les mots qui nous atteignent. A chacun ses goûts en matière de littérature.

Si cette critique m’a interpelée, c’est parce que je me fais la réflexion qu’un roman peut être voué aux gémonies, assassiné, démantelé, piétiné (et son auteur avec) et nul ne s’en émeut. Par contre, les critiques sont intouchables, cela s’appelle la liberté d’expression.

Et bien moi, je vais me faire plaisir en critiquant une critique.

 

A peine la page ouverte sur « La chambre des époux » d’Eric Reinhardt du site Babélio, son résumé à peine lu, Vlan, voilà que cette critique à l’étoile solitaire nous tombe dessus. Et ce sera sa place définitive en tant que toute première. Chaque fois qu’un internaute s’enquerra d’un avis Babelio à propos de ce livre, ce concentré de fiel sera mis en avant. Pour toujours, sa lecture sera influencée par cet avis plus que négatif.

 

Je ne vais pas vous refaire le résumé. C’est curieux, cette manie qu’ont les chroniqueuses (on trouve moins de chroniqueurs) de reprendre systématiquement le résumé du livre alors qu’il nous suffit de lire le 4 ème de couverture.

La critiqueuse, elle, se sera donné la mission de reprendre le résumé (donné en haut de page), ce qui lui prendra 16 lignes, pour ensuite ironiser sur les critiques positives que ce roman a reçues : « Alors bien sûr certains qualifieront ce roman gigogne de brillant exercice de style porté par un style magnifique et j'ai même pu lire qu'il s'agit là d''Une ode fascinante à la beauté, à l'art et à l'amour.'' Pour ajouter « C'est un point de vue et je le respecte mais… ».

 

Mais… Et c’est là que les choses se gâtent.

« Et si c’était un vaste foutage de gueule, une daube, du vide mis en page ?» demande-t-elle dans une « petite » question adressée à l’auteur, à son éditeur (Gallimard, excusez du peu !) et à leurs amis critiques littéraires. Avant de nous avouer, avoir détesté ce roman. Elle ne l’a pas « pas aimé », ce roman, elle l’a détesté. C’est son droit. Soit !

Mais ne serait-ce point cette étoile unique sur cinq, ne seraient-ce point ces mots cinglants, assassins sous le couvert de critiques qui relèveraient du « foutage de gueule » ?

 

Venons-en aux arguments, les mêmes en fait qui m’ont fait, moi, apprécier ce roman que j’ai jugé éminemment intime et profondément généreux.

La critiqueuse dit avoir « détesté cette mise en scène de la maladie ». Ah bon ? en littérature, il y aurait donc des sujets tabous à ne pas mettre en scène sous peine d’être éclaboussé de boue ?

 

…« Je n'ai pas cru un instant à ce romantisme bidon et à ces scènes de sexe ridicules ».

Mais moi, Madame, j’y ai cru ! Je me suis laissée bercée par sa prose d’une sincérité radicale, surtout quand on sait que l’auteur s'est inspiré de son vécu avec sa femme (atteinte de la même terrible maladie).

 

… « il faut vraiment être tordu pour vouloir infliger un acte sexuel à quelqu'un qui dépérit sous l'action conjuguée de la maladie et de la chimiothérapie ! ».

Il faut vibrer d’amour, Madame, pour le faire, aimer de tout son cœur…. C’est un livre sur la puissance et l’art de l’amour, l’amour qui guérit.

 

Et quelques critiques assassines plus loin (si nombreuses, que je ne les relèverai pas toutes) : « Et son style ? Lourd et pédant. Les phrases sont looongues, le discours est précieux, le sens parfois s'égare dans une ennuyeuse logorrhée ».

J’ai été moi, Madame, sensible à la musique de son texte alors que l’auteur sonde ses peurs les plus intimes et explique ce qui se passe dans un couple lorsque la maladie frappe… Vous lui reprochez la longueur de ses phrases ? Je trouve au contraire que l’auteur y met de l'émotion, des silences, comme une sorte de ponctuation justement. Rythmant son texte sur un tempo long qui se déroule comme la longe d’un fouet en décrivant son état émotionnel pour claquer et devenir cinglant quand l’état de Marie s’aggrave d’un coup, rendant le style nerveux, haché qui convient pour narrer la tragédie sous latente.

Oui, ce roman comporte une construction singulière, audacieuse même. Oui, c’est un livre gigogne à multiples tiroirs. C’est ce qui m’a plu, comme m’avait plu également « D’après une histoire vraie » de Delphine De Vigan.

 

Et la critiqueuse de conclure : « Je n'ai donc aimé ni le vrai faux roman, ni le roman dans le roman, ni le roman qui n'a jamais été écrit, ni rien dans ce livre prétentieux, auto-fiction où Reinhardt est présent jusqu'à l'overdose. Ce n'est bien sûr un avis qui n'engage que moi.»

Tiens donc ! et moi qui pensais qu’un avis si tranché, si tranchant, émanait de votre boucher ou de votre concierge. C’est donc, vous, Madame, l’auteur de ce débinag…pardon de cette évaluation aussi démolisseuse qu’une tractopelle ? Vous sentez-vous mieux à présent ? Oui, cela se ressent. Ca fait du bien de déverser son fiel. Vous pouvez aller vous coucher, votre nuit sera paisible, vous aurez accompli votre devoir de critiqueuse.

Une petite question cependant, voyez, moi aussi, j’en ai dans mes tiroirs : lorsque vous êtes au restaurant, recracherez-vous sur la nappe la daube de bœuf cuisinée avec amour au Saint-Chinian Berlou sous prétexte qu’elle n’était pas à votre gout ?

 

Je vais me coucher peinée. J’ai de la peine pour l’auteur. J’espère qu’il ne viendra pas faire un tour sur Babelio, lui qui a mis tant de soin, cela transpire de son récit, à écrire son roman. Lui, qui y aura passé des jours et des nuits, se privant de sortie, de diners et de sommeil pendant des mois…

Ça me fait de la peine pour tous les écrivains, ces lecteurs qui assassinent ainsi les romans, des lecteurs qui bien souvent n’ont pas acheté le livre et se l’ont vu offert pour qu’ils en fassent une chronique. Si vous n’aimez pas, restez respectueux du travail fourni, employez la nuance, taisez votre hargne, épargnez-nous de grâce ! Nous sommes de petits êtres fragiles, nous, les auteurs. Un rien nous renverse.

 

La chute de cet article me vient de la critiqueuse elle-même qui finit en apothéose avec l’épigraphe de son profil. Tin tin tin ! Attention, c’est du lourd : « On parle souvent de l’enchantement des livres. On ne dit pas assez qu’il est double. Il y a l’enchantement de les lire et celui d’en parler. »

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