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J'ai manqué un grand mariage chinois

12/12/2018

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Cela a commencé hier matin sur la plage de Koh Phiphi. Les vacanciers n'avaient d'yeux que pour les mannequins d'un jour mitraillés sous l'assaut des photographes. Une coach corrigeait
leur attitude, les extorquait à se montrer originaux, exubérants, joyeux, démonstratifs, tout en essayant de dompter une mèche rebelle du futur marié, mèche qui n'a jamais voulu se plier. Un peu raides et tendus, les tourtereaux faisaient fi, ou plutôt chou gras, des baigneurs qui interrompaient leurs jeux de plage pour les observer. Regards perdus, énamourés ou faussement étonnés, les futurs mariés se sont enhardis, sont devenus plus délurés, se sont élancés dans les airs pour se porter à bout de bras.
Je l'ai trouvée toute mignonne dans sa robe de dentelle blanche, les cheveux libres offerts au vent qui dévoilaient par intermittences de jolis traits réguliers. Je me suis dit que son futur mari devait posséder des qualités insoupçonnées ou alors un compte bancaire bien garni, le cheveu raide, plutôt hirsute, la bajoue déjà pendouillante et imprimée d'un ancien acné, et les yeux microscopiques sous le double foyer de ses lunettes. Un garçon très trés gentil certainement. Et trés trés riche. Peut-être un mariage arrangé.
Plus tard, ont accostés devant l'hôtel, des dizaines et des dizaines de longs boats décorés de colliers de fleurs et remplis d'invités.
Vêtus de tenues de ville, tout ce petit monde a débarqué sur la plage. Ca n'en finissait pas de sortir des pirogues, ces dames chinoises enfonçant leurs escarpins dans le sable avec de petits gémissements apeurés. Les parents des mariés, le père aux manières précieuses et aux mèches longues teintées de roux, la mère, talons et tailleur chic, se précipitaient pour les accueillir avec de grandes effusions, puis les dirigeait vers leur chambre, leurs yeux brillant et leurs joues rosissant sous l'effet de l'excitation . On sentait qu'ils avaient mis le paquet pour impressionner et faire rêver leurs invités. 
Les boys thaïlandais faisaient la chaîne pour délester les pirogues de leurs gigantesques valises. Les familles se retrouvaient avec des cris, des larmes, des étreintes à s'étouffer, leurs voix montant dans les aigus, du vrai chinois ! Une femme s'est trouvée mal et quelqu'un l'a transportée jusqu'à l'hôtel comme un jeune marié l'aurait fait de son épouse pour franchir le seul nuptial tandis que les jambes inertes de la gisante ballotaient dans le vide et qu'un bras blanc battait son flanc.
Autour des mariés s'agitaient photographes, coiffeurs et maquilleurs. 
Quand il n'y eut plus personne sur le sable, j'ai regagné ma propre chambre. 
Le soir, dans le restaurant en plein air de l'hôtel, par les éclats de voix qui s'en échappaient, on devinait la noce à l'écart sous un préau.
Il y avait de l'effervescence dans l'air. Une multitude de sonos encombrantes furent entreposées aux abord de l'espace repas. Des employés s'adonnèrent aux effets de lumière et des lasers vinrent nous ruiner les yeux en pleine dégustation de notre paid thaï. Une piste de danse fut installée assaillie de lumières multicolores presque agressives. Un bateau, qui évoquait un dragon affublé de flamboyantes couleurs descendit du ciel en attente du buffet qui le garnirait le lendemain. Des invités chinois, déjà ivres, s'échappèrent du préau, se mêlant aux touristes avec l'air et la voix conquérants de ceux qui se croient les maîtres du monde.
La serveuse nous apprit que l'hôtel serait entièrement privatisé le lendemain pour ce grand mariage chinois. Cela tombait bien, puisque nous devions quitter Phi Phi pour Raylai.
En remontant dans notre chambre, la porte ouverte du salon de massage libéra des senteurs inhabituelles, des kyrielles de fleurs blanches, des compositions grandioses et sophistiquées meublaient l'espace. Partout le fast, le show off, des tapis rouges, des pétards, des Led tombant des arbres. Ca reniflait la dépense sans compter. 200 à 300 invités sur une île thaïlandaise, vous pensez ! Voilà un mariage glamour qui s'annonçait ! Dommage, je n'en verrais pas la couleur...
Ce matin, à 8h, alors que notre bateau quittait la plage, les réjouissances commençaient... 
Juste eu le temps d'apercevoir la queue d'un smoking noir, la traîne d'une robe de princesse... Un brouhaha de voix surexcitées s'est mis à enfler... Tellement fortes, tellement too much qu'elles ne m'ont fait regretter en rien notre fugue sur 
le continent...

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